Entre les nuits hachées, l’allaitement et le portage du bébé, votre dos et votre bassin encaissent beaucoup. On vous répète pourtant surtout de vous reposer. La récupération post-partum ne se limite cependant pas à la cicatrisation. Le bassin, assoupli pendant neuf mois, a lui aussi besoin de retrouver sa stabilité. À Genève, de plus en plus de jeunes mamans consultent un étiopathe dans les semaines qui suivent l’accouchement pour accompagner ce retour à l’équilibre. C’est le cas aussi bien à Champel qu’à Lancy.

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Qu’est-ce que la récupération post-partum ?
Sur le plan médical, on parle de « suites de couches » ou de post-partum pour désigner les six à huit semaines qui suivent l’accouchement. Durant cette période, l’utérus retrouve sa taille normale et les organes pelviens reprennent progressivement leur place. La récupération post-partum, dans son sens le plus large, dépasse cependant largement ce cadre. Les ligaments assouplis pendant la grossesse et les muscles abdominaux distendus poursuivent en effet leur travail de réadaptation pendant plusieurs mois. Le périnée sollicité par l’accouchement suit la même logique.
Concrètement, cette période s’accompagne souvent de tensions dans le bas du dos et d’une sensation d’instabilité du bassin en marchant. Elle s’accompagne aussi de douleurs liées aux nouvelles postures imposées par l’allaitement et le portage.Par ailleurs, la fatigue et le manque de sommeil rendent le corps plus sensible aux tensions mécaniques déjà présentes.
Au Centre Nata Terra à Lancy, ce suivi prolonge naturellement l’accompagnement périnatal proposé pendant la grossesse et autour de la naissance.
Causes et mécanismes : pourquoi le bassin reste fragile après l’accouchement
Pendant la grossesse, la relaxine assouplit progressivement les ligaments des articulations du bassin, sacro-iliaques, symphyse pubienne et jonction lombo-sacrée, pour permettre le passage du bébé. Cette hormone ne redescend pas instantanément après la naissance. Selon une revue portant sur la relaxine et les douleurs pelviennes de grossesse, le lien précis entre le taux de relaxine et la persistance des douleurs reste débattu dans la littérature, mais l’hyperlaxité ligamentaire elle-même est bien documentée sur la période post-natale précoce. Concrètement, ça signifie que le bassin peut rester mobile, parfois instable, alors même que les tissus n’ont pas encore retrouvé leur tension habituelle.
Selon une étude suédoise ayant suivi des femmes jusqu’à 12 ans après l’accouchement, 40,3 % d’entre elles rapportaient encore des douleurs pelviennes à des degrés variables à ce terme, contre 59 % ne ressentant plus aucune douleur. Concrètement, ça signifie que si la grande majorité des femmes retrouvent un bassin confortable, une partie non négligeable garde des tensions qui méritent une prise en charge plutôt que d’être ignorées par habitude.
Une autre revue récente sur les facteurs prédictifs de douleur pelvienne persistante après l’accouchement identifie notamment l’intensité de la douleur pendant la grossesse, les antécédents de lombalgie et le niveau d’incapacité ressenti comme des facteurs associés à une récupération plus longue. Autrement dit, une grossesse mécaniquement difficile appelle souvent une attention particulière en post-partum.
Comme le montre le schéma ci-dessous, les mêmes articulations assouplies pendant la grossesse, sacro-iliaques, symphyse pubienne et jonction L5-S1, restent concernées dans les semaines suivant l’accouchement.

Combien de temps dure la récupération post-partum du bassin ?
Réponse courte : Chez la plupart des femmes, le bassin retrouve une stabilité satisfaisante en quelques semaines à quelques mois après l’accouchement. Mais selon une étude suédoise à 12 ans post-partum , 40,3 % des femmes rapportent encore des douleurs pelviennes à des degrés variables, ce qui justifie un suivi si les tensions persistent.
Symptômes : quels signes doivent vous alerter en post-partum ?
Certaines sensations sont banales dans les semaines qui suivent l’accouchement : tiraillements dans le bas-ventre liés à la rétraction de l’utérus, fatigue musculaire, sensibilité du périnée. D’autres signes, en revanche, nécessitent un avis médical rapide et ne relèvent pas du cabinet d’étiopathie :
- Fièvre supérieure à 38°C, frissons, malaise général.
- Saignements abondants, caillots importants ou odeur inhabituelle.
- Douleur au mollet, gonflement ou chaleur localisée (risque de phlébite).
- Douleur thoracique ou essoufflement brutal.
- Douleur pelvienne brutale et intense, ou sensation de pesanteur qui s’aggrave rapidement.
- Tristesse profonde, angoisse envahissante ou pensées inquiétantes dans les semaines suivant l’accouchement.
Face à l’un de ces signes, le réflexe est d’appeler la sage-femme, le gynécologue, votre médecin de famille ou les urgences, pas le cabinet d’étiopathie. En dehors de ces situations, les tensions mécaniques du bassin et du dos relèvent, elles, d’une prise en charge manuelle adaptée.
L’approche étiopathique pendant la récupération post-partum
Après l’accouchement, l’étiopathe cherche avant tout à remettre en place le bassin, le coccyx et la symphyse pubienne, mis à rude épreuve par la contrainte mécanique du passage du bébé. Je propose aussi, si besoin, un resserrement de bassin selon la méthode De Gasquet, dont odnt j’ai été certifiée, pour accompagner et accélérer la récupération.
Un blocage articulaire du bassin non corrigé peut entretenir une congestion locale. Le travail de décongestion pelvienne vise justement à relancer la circulation dans le petit bassin pour optimiser la récupération de la zone gynécologique. Cette action peut aussi concerner la vessie : lorsque des fuites urinaires persistent malgré le travail déjà réalisé avec la sage-femme sur la rééducation du périnée, un travail complémentaire sur la vessie peut être proposé.
Le délai avant la première séance dépend du mode d’accouchement. Après une césarienne, il faut attendre la cicatrisation, en général autour de 6 semaines. En amont, un travail avec la machine INDIBA, proposée avec les sages-femmes du centre (Emira ou Laure), peut néanmoins aider à la récupération. Après un accouchement par voie basse sans atteinte des tissus, la manipulation est possible dès la 2e ou 3e semaine, parfois avant. En cas d’épisiotomie, de déchirure ou de points, mieux vaut attendre la cicatrisation complète et l’accord de la sage-femme.
Les petites anecdotes du cabinet
Une patiente a été reçue au Centre Nata Terra environ 6 semaines après son accouchement. Elle se plaignait d’une douleur sacro-iliaque droite marquée, en portant son bébé et en montant les escaliers. Après deux séances centrées sur le bassin, la douleur avait nettement diminué. La patiente a ainsi pu reprendre la marche sans gêne.
Une autre patiente a été reçue à 3 semaines post-partum pour une douleur symphysaire. Cette douleur a disparu au bout de deux séances. Elle le dit elle-même, je suis sa « sauveuse ».
Combien de séances d’étiopathie pour la récupération post-partum ?
- Premier bilan : très rapidement après un accouchement simple, après cicatrisation et accord de la sage-femme ou du gynécologue en cas d’épisiotomie, de déchirure ou de césarienne (environ 6 semaines pour cette dernière).
- Séance initiale : analyse de la statique du bassin et des symptômes pour remonter aux blocages (bassin, charnière lombo-sacrée, symphyse, coccyx).
- Séances de suivi : en général 2 à 4 séances, espacées de quelques semaines selon l’évolution.
- Coordination : en complément, et non à la place, d’une rééducation périnéale prescrite exécuté chez une sage-femme ou chez un physiothérapeute.
À Genève : un suivi post-partum à Champel et à Lancy
Le Centre Nata Terra, à Lancy, est pensé pour la périnatalité : sages-femmes, physiothérapeutes et professeurs de yoga postnatal y travaillent en complémentarité avec le suivi étiopathique. C’est d’ailleurs le même cabinet qui accompagne le suivi pendant la grossesse, notamment pour les douleurs des sacro-iliaques et du bassin ou la préparation à l’accouchement.
Au Centre Experiment à Champel, la même approche s’adresse aux jeunes mamans actives de la rive gauche, qui reprennent souvent le travail plus tôt et cherchent une solution rapide pour soulager le bas du dos. Dans les deux cabinets, le suivi s’inscrit dans la continuité de l’accompagnement proposé pendant la grossesse.
Si votre bébé présente lui aussi des tensions, des coliques ou des régurgitations, un suivi étiopathique peut également lui être proposé en parallèle, au même cabinet.
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Questions fréquentes sur le post-partum et l’étiopathie
Voici les questions que l’on me posent le plus souvent en consultation à Genève.
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— Maud Grand, étiopathe diplômée de la Faculté Libre d’Étiopathie de Lyon — Genève (Champel) & Lancy
Références
[1] Aldabe D, Ribeiro DC, Milosavljevic S, Dawn Bussey M. Pregnancy-related pelvic girdle pain and its relationship with relaxin levels during pregnancy: a systematic review. Eur Spine J. 2012 Sep;21(9):1769-76. doi: 10.1007/s00586-012-2162-x. Epub 2012 Feb 4. PMID: 22310881; PMCID: PMC3459115.
[2] Bergström C, Persson M, Nergård KA, Mogren I. Prevalence and predictors of persistent pelvic girdle pain 12 years postpartum. BMC Musculoskelet Disord. 2017 Sep 16;18(1):399. doi: 10.1186/s12891-017-1760-5. PMID: 28915804; PMCID: PMC5602957.
[3] Burani E, Marruganti S, Giglioni G, Bonetti F, Ceron D, Cozzi Lepri A. Predictive Factors for Pregnancy-Related Persistent Pelvic Girdle Pain (PPGP): A Systematic Review. Medicina (Kaunas). 2023 Dec 5;59(12):2123. doi: 10.3390/medicina59122123. PMID: 38138226; PMCID: PMC10744457.


